Rasade

la femme est fonction
souffle long, brut, rond
aucune question
Elle sait de toute façon

à l’entendre on est court
inutile de s’enfuir
sentir le fil inné
rendre et courir encore

l’avoir à l’avantage
ne pas se laisser tordre
il faut prouver, se taire
et bien l’apprendre

je peux la dégrader
lui mordre l’appétit
elle aura toujours faim
de moi et d’autres mondes

allons la taquiner
à plusieurs et bruyants
qu’elle entende et sous peu
sur elle tous grondent

à peine un cil a battu
que sais-tu petit
du désir d’ordre ?
lance !

tu veux lui faire
luire dans ses chants
voler tendu
et te répandre

la lande est ferme
sa chair est tendre
ne garde rien
tu seras bu

Action co

Sont-ce les simagrées à la longue ?
tu rends plus l’autre encore
des plis partout à jouer des glandes
bagout de bifide et pis en stock.

Lâche un graal au statut
met du leur, enjoiesé
et là tu prends quand même
la moitié oui mais c’est…
mieux qu’hier tu l’essuies.

Mineur à la prochaine
répitant j’entre un flux.

Chasse en sortie l’impression laissée
des files de files et des seaux de lest
à rincer, râles commer, post-cure épris d’heurts.
Demi-sel à la charge, appuie l’appât opté
vaniteux marécage, sèche la prise au contact
un caprice, et la passe à l’œil glisse
aux écailles émèche l’ire à dessein.

Demi-molle sur embase, accoudé, termittent
par à-coup du grand large, mystère fade
les étoiles à poil cachent un ressac
déplie l’horizon, sale, à la foi triche.

Finir un vol de nuit au clair de poche
longitude de sous-sol en travers
décolle un gris d’ombre en roulis.
La moche freine, coche la reine d’un quart d’heure
l’arène claque en quête de gages
gammes de corps, crue des cœurs, bruit.

Débattus dans les mailles d’un filet d’eau plate
les fervents s’aiment, entichent à la gueule du pliant
la maîtrise fout la gaule, les fondations dégorgent
la curée craint les fuites, dans la ruée pavide
pompe encore les deniers, les promesses à crédit
l’âme à jour, la criée.

Dessous

Des sacs d’os à gros seins
des vieilles moches à gros sacs
des michetons acrobates
des toxs aristocrates

en face

Épris par cœur, poches pleines de quoi
j’aime la souplesse en forme de soir.
Des gueules à verrou verrotent
les bouches d’or suçotent.
Vriller dans l’ombre, mes rayons brisent l’écorce
obligent le corps à l’amant clos, ouvrent les portes.

Mille chemins s’offrent aux jeux de l’art fauve
mais seul un mène au pot.
Riches et pauvres se paument en voulant tout trop vite
nymphes et faunes se pâment en allant doucement.

Bien sûr le temps s’achète, il faut dompter les heures
ne pas croire au bonheur de peur qu’il ne s’entête
aller de liane en lianes ou s’ancrer sans remords
fertiliser les ports où l’on choisit de naître.

Quand le champ des possibles est à portée de tir

Baiser à l’ancienne, doux murmures, aubaine
je parle à l’enfer, ardent damné
Ne sait-il que hanter ? Ne sait-il que luire ?
ne me dis pas merci avant d’être venu.

Trafics

Fuseler les muses usées
âme déguisée en homme
roman soumis, sers-t’en muet
si longtemps tu l’as dilué.

Horizon minuscule
la bicrav la prépa.
T’as l’Australie pour rien
là, sécure loin des algues.
On est mieux laid sans lien
et sans crédit qui schlingue
si dans la poche un flingue
au cas où.

Tu vas grossir encore longtemps ?

Dos d’éléphants, doux crapeaux.
Utérin comme la peur, dans les dunes enneigées
le turban lutine
des mines de sel au loin laissent assez.

Foule de miroirs sans fin
boule de cristal sans teint
grouille de visages

Tout se voit, tout ne sait pas la peine, deux coeurs
à louer, contre soi.
Cent suaires suent ce soir mais les lunes courent au large
assume assez l’amour, aux mains Garde !

Il a porté son dos, il a roulé des yeux
il boit à revers-soi, devant eux.

Des millions de mollards sont tombés
et tant d’autres peaux, vidées, au clou des heures
je lui passe le large, il me marre de soif
je voudrais sécher des fois.

Gland blanc

M’en veux pas si j’te calcule pas t’es trop guez
quand j’te vois sur ma vie j’te dis pâle malaise
t’as pas d’corps t’as pas d’voix et ta face y a débat
entre un poulpe et toi y a quoi ?

putain le mec joue la trompette
t’as pas d’mots trop pute pour ouech
j’passe la save au broyeur touche la prime du mesquin
riche de rien les mains pleines de fraiche crache- moi bien.

Connerie à gauche, chiennerie à droite
la charogne te serre le ventre et crève l’écrin
même tes yeux mentent quand tu t’vends
chercher l’asile dans l’champ d’tir, des abus
sur ta poitrine.

Poids mouche agile vise les globes
poids lourd tactile brise-microbe
génère des mares sous les robes
la fente encore et toujours.

Montés sur un tube de viande
les légumes font dans leur jus
passe moi l’sel avant l’plomb j’trie
les culs cherchent encore leur prix.

Tsom

Que verserais-je en toi fécond néant ?
infini véritable à tout péril absent
miroite l’invisible et le commencement
et les mots, les choses et les balbutiements.

peur de l’enfant borgne
peur de la femme-homme
peur du chien tripède
peur de l’eau de marbre

après seulement vient la distance,
et l’air d’y croire en plein négoce
ne plus rien voir d’autre que l’ordre
aimer la morsure des renforts

amour de l’arbre
amour de l’or
amour du noir
Amour ou Mort

lancer les lignes à travers sort
pour la reine et ses vœux sans bornes
un jour un an une vie donnés
par ceux qui chevauchent en rampant.

Trop petit, trop étroit. Monde en boîte de cirage même pas noir. Le cuir laisse l’eau le toucher, nettoyer
les crevasses et boucher les traces de coups. Alors j’y vois plus rien, le jour fou, la nuit sage, dormir debout
jusqu’au prochain trou de mémoire.
Dans la loupe de sacrés soirs se lèvent, dents de louves, griffes courbes chassent un sourire épris d’et puis,
d’autres méritent plus qu’une suite mais curieusement, se débinent. Pourquoi faire ? Y aurait-il meilleur
ailleurs ? Meilleure affaire pour si peu ? C’est que le temps ne m’est plus dû, il va son train et moi pour
tous -qu’ils s’élèvent nus, se couchent vêtus- n’ait guère de poids sur la mesure.
Encore que, j’ai quelques plis cachés pour nourrir la course et peut-être repasser, mais c’est si loin, si fin
que je circonspecte l’éventualité d’une découverte propice à mon retour, de la mesure me reste pour jauger
l’ingénieur, à qui le dis-je !?

laisse

Je ne me sers plus de la laisse trop courte
que j’avais hérité de mes pauvres parents.
Elle moisit désormais, sans personne à tenir,
en maîtresse afranchie de son étroit empire.

Qu’elle a pris du plaisir à nous couper les ailes
et tarir notre sève dans le but que l’on serve.
Ignorante de nos rêves, maintenant sa tutelle,
elle lâchait par moment juste assez de lest
pour nous faire oublier son étreinte muette.

Nous vaquions, lamentables, à la traîne de nos vies
divertis par mégarde, alanguis de paresse.
Et de plages bondées en pistes artificielles
nos misères s’étalaient, offertes à nos maîtres
qui se félicitaient, en salauds décideurs,
de notre ardeur assise, replette de mépris.

Que la laisse est legère en y mettant du sien.
Plus de sueur que de mal et plus tôt que prévu
débattue au suffrage du meilleur des possibles,
les mots suintent, labiles, tout devient docile ainsi
des sous-sols aux cimes, le même rire obèse
grossit encore, éperdument, facile.