Comédie

Braille ta race l’ancien on est bien
j’ai toute la nuit pour tourner court
au p’tit matin faire demi-tour
et m’endormir.

Sur les restes à midi j’aspire
de quoi prendre goût à la pompe
du bitume pour mes capillaires
et m’assouvir.

Quand la moelle à du plomb dans l’aile
j’augmente la dose de parabène
acclimate les creux à la fonte
et fait risette aux alizés.

Le temps d’aller rire à la ronde
oublie l’abime de mes jours-nuits
un ticket pour la comédie
du bonheur à muser la fronde.

Jour du Seigneur

Et voila le travail ! C’est pas beau c’est neuf ?! On sent encore la sueur du Mario qui s’est cassé l’échine pour trois ronds et la fierté de la gagner à la main, sans aides, entre potes, que des costauds, durs au chantier et pas râleurs, des Zommes.
De l’autre coté du ruisseau Glandu passe en deux-deux, un coup d’œil pour la forme, la poussette en aiguilleuse, les pompes bien dressées, surtout pas d’arrêt « Un détour ? C’est dimanche, c’est pas quartier libre hein ?!
Feignasse ! ».
Bien sûr il a pas tort, rien qu’à la gueule de l’adverbe de la proposition précédente, aucun doute possible, l’effort et moi, c’est comme les droits de l’homme et l’homme, une erreur de casting réciproque.
Après j’ai des raisons, et des bonnes, comme celle de penser que j’ai rien à gagner sinon le droit de me taire, après maintes recherches et vaines démarches tendues vers un frère, une sœur, une famille élargie à l’échelle de
mon amour démesuré pour l’espèce, j’ai -temporairement- compris la nécessité d’y aller slow play question turbin « Mollo sur la roue salaud, t’es pas tout seul à croquer ! »

En plus j’ai pas de gosses, certes une femme, on est comme mariés, bientôt quinze ans de guéguerre sans nuages, des bisous par millions, quelques savates mais rien d’éliminatoire, normal.
Dans mon jeu queue dalle, quoique un bout dépasse, ni le petit ni le grand, plutôt l’excuse, le joker à cinq pions qui rassure dans la pente quand les trombes l’ont mauvaise et rincent tout ce qui se débat. Le jour venu, je la sortirai devant tout le monde et là faudra pas me demander « Pourquoi, comment ? Tu nous as rien dit,
on pouvait pas deviner… ».
Moi non plus je pouvais pas deviner quelle sorte de saloperie s’abrite sous l’amitié, on y trouve de quoi chercher, le temps d’une envie d’aller ensemble au fond de la surface ; les visages restent, les restes lassent, on tire la chasse la larme tiède en faisant le ménage, c’est pas ce qui manque les dimanches.