Crue

Ça sent les règles, le sang dégèle.
Que de désir contre le fer
mensuellement sensuallisé.

La chair ne sait se résigner
à perdre le peu qu’elle engendre
et rompt les fers qu’hier encore
elle était si prompte à lustrer.

Période propice à se rendre
à la nature sauvage et franche
qu’en d’autres heures on ne peut prendre
à moins d’en détenir la clé.

Peau frémissante et gestes tendres
défient l’ordre et les convenances
Le sein frôle l’épaule et mande
une réponse sans attendre.

Celui dont le nez sait déceler
l’acre exhalaison défendue
n’aura ni mépris ni pitié
pour celle qui se donne crue.

Mais permettez chères trésors
que l’on décline vos avances
quand l’on préfère votre corps
aux mains de votre cœur immense.