Trafics

Fuseler les muses usées
âme déguisée en homme
roman soumis, sers-t’en muet
si longtemps tu l’as dilué.

Horizon minuscule
la bicrav la prépa.
T’as l’Australie pour rien
là, sécure loin des algues.
On est mieux laid sans lien
et sans crédit qui schlingue
si dans la poche un flingue
au cas où.

Tu vas grossir encore longtemps ?

Dos d’éléphants, doux crapeaux.
Utérin comme la peur, dans les dunes enneigées
le turban lutine
des mines de sel au loin laissent assez.

Foule de miroirs sans fin
boule de cristal sans teint
grouille de visages

Tout se voit, tout ne sait pas la peine, deux coeurs
à louer, contre soi.
Cent suaires suent ce soir mais les lunes courent au large
assume assez l’amour, aux mains Garde !

Il a porté son dos, il a roulé des yeux
il boit à revers-soi, devant eux.

Des millions de mollards sont tombés
et tant d’autres peaux, vidées, au clou des heures
je lui passe le large, il me marre de soif
je voudrais sécher des fois.

Gland blanc

M’en veux pas si j’te calcule pas t’es trop guez
quand j’te vois sur ma vie j’te dis pâle malaise
t’as pas d’corps t’as pas d’voix et ta face y a débat
entre un poulpe et toi y a quoi ?

putain le mec joue la trompette
t’as pas d’mots trop pute pour ouech
j’passe la save au broyeur touche la prime du mesquin
riche de rien les mains pleines de fraiche crache- moi bien.

Connerie à gauche, chiennerie à droite
la charogne te serre le ventre et crève l’écrin
même tes yeux mentent quand tu t’vends
chercher l’asile dans l’champ d’tir, des abus
sur ta poitrine.

Poids mouche agile vise les globes
poids lourd tactile brise-microbe
génère des mares sous les robes
la fente encore et toujours.

Montés sur un tube de viande
les légumes font dans leur jus
passe moi l’sel avant l’plomb j’trie
les culs cherchent encore leur prix.

Tsom

Que verserais-je en toi fécond néant ?
infini véritable à tout péril absent
miroite l’invisible et le commencement
et les mots, les choses et les balbutiements.

peur de l’enfant borgne
peur de la femme-homme
peur du chien tripède
peur de l’eau de marbre

après seulement vient la distance,
et l’air d’y croire en plein négoce
ne plus rien voir d’autre que l’ordre
aimer la morsure des renforts

amour de l’arbre
amour de l’or
amour du noir
Amour ou Mort

lancer les lignes à travers sort
pour la reine et ses vœux sans bornes
un jour un an une vie donnés
par ceux qui chevauchent en rampant.

Trop petit, trop étroit. Monde en boîte de cirage même pas noir. Le cuir laisse l’eau le toucher, nettoyer
les crevasses et boucher les traces de coups. Alors j’y vois plus rien, le jour fou, la nuit sage, dormir debout
jusqu’au prochain trou de mémoire.
Dans la loupe de sacrés soirs se lèvent, dents de louves, griffes courbes chassent un sourire épris d’et puis,
d’autres méritent plus qu’une suite mais curieusement, se débinent. Pourquoi faire ? Y aurait-il meilleur
ailleurs ? Meilleure affaire pour si peu ? C’est que le temps ne m’est plus dû, il va son train et moi pour
tous -qu’ils s’élèvent nus, se couchent vêtus- n’ait guère de poids sur la mesure.
Encore que, j’ai quelques plis cachés pour nourrir la course et peut-être repasser, mais c’est si loin, si fin
que je circonspecte l’éventualité d’une découverte propice à mon retour, de la mesure me reste pour jauger
l’ingénieur, à qui le dis-je !?

laisse

Je ne me sers plus de la laisse trop courte
que j’avais hérité de mes pauvres parents.
Elle moisit désormais, sans personne à tenir,
en maîtresse afranchie de son étroit empire.

Qu’elle a pris du plaisir à nous couper les ailes
et tarir notre sève dans le but que l’on serve.
Ignorante de nos rêves, maintenant sa tutelle,
elle lâchait par moment juste assez de lest
pour nous faire oublier son étreinte muette.

Nous vaquions, lamentables, à la traîne de nos vies
divertis par mégarde, alanguis de paresse.
Et de plages bondées en pistes artificielles
nos misères s’étalaient, offertes à nos maîtres
qui se félicitaient, en salauds décideurs,
de notre ardeur assise, replette de mépris.

Que la laisse est legère en y mettant du sien.
Plus de sueur que de mal et plus tôt que prévu
débattue au suffrage du meilleur des possibles,
les mots suintent, labiles, tout devient docile ainsi
des sous-sols aux cimes, le même rire obèse
grossit encore, éperdument, facile.

Hors d’eux

À les entendre ils ont tout vu
savent mieux que moi gouter le vin
savourer le fruit défendu
demain putride alors bombance.

Si ça n’a aucune importance
parlons fort pour ne rien entendre
je laisse aux anciens le silence
et me réfugie dans les cendres.

Vois-tu là la proue du récif ?
l’oeil ému dans la lentille vide
assure encore d’un rayon vif
à la lumière un sauf-conduit.

Truqué le film en s’évadant
a laissé passer l’heure du crime
et nous envions l’opérateur
quand il actionne et crie « La Peur ! »

Mes épaules ont du mal à croire
mes oreilles quand le fouet lacère
les rétines et les hémisphères.
Ont-elles encore peur dans le noir ?

L’effet retard de travers sors
titubance assise et mot d’ordre
trottoir d’enfer et cris décorent
le jour ennui.

Crue

Ça sent les règles, le sang dégèle.
Que de désir contre le fer
mensuellement sensuallisé.

La chair ne sait se résigner
à perdre le peu qu’elle engendre
et rompt les fers qu’hier encore
elle était si prompte à lustrer.

Période propice à se rendre
à la nature sauvage et franche
qu’en d’autres heures on ne peut prendre
à moins d’en détenir la clé.

Peau frémissante et gestes tendres
défient l’ordre et les convenances
Le sein frôle l’épaule et mande
une réponse sans attendre.

Celui dont le nez sait déceler
l’acre exhalaison défendue
n’aura ni mépris ni pitié
pour celle qui se donne crue.

Mais permettez chères trésors
que l’on décline vos avances
quand l’on préfère votre corps
aux mains de votre cœur immense.

Bit Suprême

Ton cas sait me surprendre,
en dévotion.
Au large la contrebande,
et les frissons.
Un troupeau devant le stand,
me fait des faux.
J’trouve pas l’bouton, j’trouve pas l’bouton.

Lèche-vie, trime sur un train fantôme,
commet l’amour entre les trombes
d’humeurs acides, aux blanches colombes
feule un ultimatum atone.

Écumés les mutants griment,
un hectare en fuite.
Au bal carne-ivoire exhibent,
l’ombre des cimes.
La louve attend le verdict,
j’trouve pas l’enzyme, j’trouve pas l’enzyme.

Tas d’outrance assis en haut
la fosse à sillons flanche
scier les branches et rire au
terminal, cadavre étrange.

Au cul de la pyramide
les briques enfilent
des perles et des rétines,
osties du crime.
Carbone pour tous à l’air fibre,
lime invisible.
j’vois plus l’éclipse, j’vois plus l’éclipse.

Les doigts dans l’oeil du golem,
tactiles otages ambidextres.
Dés filés fiers d’être en miettes,
pitoyens du bit suprême.